Saint Dominique (1170-1221)

Dominique de Caleruega

Dominique naît vers 1170 à Caleruega, en Castille. Ses parents, Jeanne et Félix, sont des notables qui le placent sous le patronage du saint abbé de Silos  Dominique. Sa mère et son frère Mannès sont vénérés comme bienheureux.

Se destinant à la prêtrise, le jeune Dominique est envoyé à l’Université de Palencia. Il fréquente la faculté des arts avant d’étudier la théologie. Étudiant aisé, il possède ses propres livres qu’il vend, vers 1196, pour aider les victimes d’une famine locale. Dominique attire l’attention de Martin, l’évêque d’Osma, et de Diègue, prieur du chapitre de la cathédrale. Guidé par eux, Dominique devient chanoine d’Osma. Il se consacre à la prière et à l’étude. En 1201, il est sous-prieur du chapitre.

Beato Angelico S. Domenico

L'appel de la mission

En 1201, Diègue devient évêque d’Osma. Deux ans plus tard, il part avec Dominique pour négocier le mariage du fils du roi Alphonse III avec une jeune scandinave. En 1205, les deux hommes repartent au  Danemark. Au retour, Diègue se rend à Rome auprès du pape Innocent III pour qu’il consacre son désir missionnaire.

En faisant étape à Toulouse en 1203, Diègue et Dominique découvrent l’hérésie des « bons hommes », les Albigeois appelés aussi Cathares, qui séduisent leurs auditeurs par l’austérité de leur vie.

Les deux voyages vers le nord de l’Europe ont bouleversé Diègue et Dominique. En Germanie, ils ont entendu parler des ravages des Cumans. Les deux hommes veulent désormais travailler à la conversion de ces barbares païens.

La prédication en Languedoc

Innocent III renvoie Diègue dans son diocèse et Dominique le suit. À Montpellier, les deux hommes rencontrent, au printemps 1206, les légats cisterciens découragés dans leur lutte contre l’hérésie. Diègue leur propose d’abandonner équipages et bagages pour aller à pied et prêcher humblement la foi catholique, priant, étudiant et discutant.

En 1207, Diègue prend la tête du groupe qui prêche aux Cathares. Dominique l’aide et provoque des débats publics. Une disputatio est organisée à Montréal près de Fanjeaux. Après cette rencontre un miracle confirme les paroles de Dominique : ses arguments, jetés au feu, en jaillissent intacts et par trois fois.

En janvier 1208, la mission pontificale est menacée : Diègue est mort et le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné avec la complicité du comte de Toulouse. Le Languedoc est envahi par l’armée de Simon de Montfort : c’est la croisade des Albigeois. Dominique assume seul la mission de prédication itinérante.

Au cœur de la mission : Prouilhe

Dominique prie, jeûne et fait pénitence, ce qui rend sa parole crédible. À Fanjeaux, il instruit dans la foi catholique neuf femmes cathares. Un jour, alors qu’il prie pour elles, un chat monstrueux apparaît, suggérant le démon qui les possédait.

Des femmes cathares, revenues dans l’Église, veulent continuer à mener une vie vouée à la prière et à la pénitence dans la chasteté. Dominique souhaite les établir en communauté. Fin 1206, l’évêque de Toulouse, Foulques, donne à Dominique l’église de Notre-Dame de Prouilhe. Un véritable monastère y est progressivement établi.

Au pied de la colline de Fanjeaux, Prouilhe offre un abri sûr. Une petite communauté de frères se développe à côté du monastère, et des fidèles s’offrent pour la mission : la predicatio de Prouilhe inaugure un nouveau type de vie religieuse.

1215-1217 La predicatio de Toulouse

En janvier 1215, Pierre Seilhan rejoint Dominique pour la mission et lui donne sa maison toulousaine. Dominique s’y installe au printemps avec un petit groupe de frères. Ils suivent des cours de théologie.

À l’automne 1215, Dominique accompagne Foulques au concile du Latran. Le pape Innocent III place Prouilhe sous sa protection. Il demande à Dominique et à ses frères de choisir une règle de vie religieuse approuvée par l’Église. Ce sera la règle de saint Augustin.

En juillet 1216, Honorius III est élu pape. Il confirme la communauté toulousaine avant d’en élargir la mission. La situation politique du Midi de la France est instable. À l’été 1217, Dominique envoie des frères à Paris pour étudier et établir un couvent. D’autres partent pour l’Espagne et Bologne.

1218-1221
Fils de l’Église et Père des prêcheurs

Dominique voyage en Espagne, en France, en Italie pour favoriser la croissance de l’Ordre. Il reçoit aussi du pape la mission de rassembler les moniales romaines à Saint-Sixte de Rome et fait alors appel aux sœurs de Prouilhe, accompagnées de quelques frères.

Un premier chapitre général, célébré à Bologne en 1220, confirme Dominique dans sa charge de Maître de l’Ordre. Les constitutions sont mises au point affirmant la dimension mendiante de l’Ordre. Des frères sont envoyés en Suède, en Angleterre, en Hongrie, au Danemark, en Pologne et peut-être aussi en Grèce.

En juillet 1221, Dominique voyage dans le nord de l’Italie. Épuisé, il rentre à Bologne et tombe malade. Il assure aux frères qu’il leur sera plus utile mort que vivant et meurt le 6 août 1221. Des miracles surviennent sur sa tombe.

1221-1234 La grâce de Dominique

Les successeurs de Dominique poursuivent son œuvre et assurent le développement de l’Ordre : Jourdain de Saxe, Raymond de Peñafort, Jean le Teutonique, Humbert de Romans et Jean de Verceil.

Dix ans après l’envoi des frères en 1217, l’Ordre est implanté dans tous les pays de l’Europe chrétienne. Les provinces périphériques sont des bases d’action missionnaire pour les pays païens, musulmans ou séparés de Rome.

Dès le XIIIsiècle, des laïcs s’assemblent autour des couvents. En 1285, le Maître de l’Ordre, Muño de Zamora, donne une règle de vie dominicaine à ces groupes. À partir du XVIe siècle, les congrégations religieuses dominicaines y trouveront le fondement de leur vie religieuse.

En 1233, les frères recueillent des dépositions de miraculés qu’ils envoient au pape Grégoire IX. Au cours de la translation solennelle du corps de Dominique, un parfum émane du tombeau. Une enquête officielle sur la sainteté et les miracles de Dominique aboutit à sa canonisation le 3 juillet 1234.