Le temps du Postulat

« Suis-moi.  » Et, se levant, il le suivit.

[Mc 2, 14]

L’entrée au postulat est une première reconnaissance officielle, un premier pas. Le postulant est plus spécialement confié à un frère dans un couvent. Il va l’accompagner, prier pour lui et surtout faire un rapport afin de le présenter à l’instance communautaire qui devra voter pour son admission au noviciat. C’est donc un temps de « pré-fiançailles », où l’on « se fréquente », on s’apprivoise, on s’apprécie avant de se décider. Dans tous les cas, le but est le même : s’acheminer vers la décision d’entrer ou de ne pas entrer au noviciat.

L’organisation du postulat est variable selon les provinces. Dans tous les cas, il s’agit d’un temps différent de celui du noviciat. Il est de durée indéterminée. Il peut se vivre à l’intérieur d’un couvent, ou tout en continuant son activité professionnelle ou ses études. Ce temps ne comporte aucune formation spécifique.

La vie dominicaine est organisée en couvents et provinces, de même que l’Église est organisée en diocèses et la vie monastique en monastères. Celui qui veut réaliser une vocation va devoir faire un choix concret. La vocation « en général » est une vue de l’esprit. Un jour ou l’autre, il faut bien prendre une décision. Il ne suffit pas d’avoir une vocation sacerdotale, encore faut-il entrer dans un diocèse ; de même pour la vocation monastique, le choix du monastère est primordial.

Dans la vie dominicaine, on choisit sa province. C’est actuellement l’unité de base pour le noviciat. Le couvent est l’unité de vie ordinaire. Les couvents sont fédérés en une province qui a la responsabilité de recruter, de former et de répartir les frères. Réaliser une vocation dominicaine se fait en choisissant une province. Ce choix est parfaitement libre. Il n’est déterminé ni par l’origine géographique, ni par le domicile, ni par la nationalité. Chacun reste libre de postuler pour la province de son choix. Chaque province est libre d’accepter ou de refuser ceux qui se présentent.

Cette décision est prise par le prieur provincial en accord avec la communauté des frères chargés de voter et avec le père maître des novices. Car en première instance, c’est toujours une communauté qui se prononce, et son vote est décisif. Si elle refuse un candidat, le provincial ne peut l’admettre (LC0 173. § II), alors qu’il peut toujours refuser même celui pour qui le vote aura été favorable. Chaque province détermine quelle sera la communauté désignée pour voter (LCO 172).